Derrière mes envies se cachent parfois des besoins insatisfaits. Comment les identifier, vivre plus authentiquement. Dernière partie

besoins non satisfaitsLors des deux précédents épisodes (ici et ici), vous avez pu constater que parfois, derrière nos envies se cachent des revendications bien plus importantes : nos besoins. Assouvir ses envies ne provoque qu’une satisfaction temporaire et insuffisante, car l’inconscient utilise toujours la même solution. Une conscientisation est nécessaire, couplée à un changement de comportement. Il s’agit de trouver ce commutateur interne qui nous bascule vers des solutions plus saines. Passer du mode « mono solution » au mode « multi solutions ».

La prise de conscience par la vigilance de nos sens  (Avoir la capacité de se poser la question : « Qu’est-ce qu’il m’arrive à cet instant ? » est un premier pas. Je vous invite d’ailleurs à vous initier à la pleine conscience. Il y a 10 ans, ceux qui la pratiquaient étaient parfois considérés comme des illuminés. Aujourd’hui, la recherche scientifique ne cesse de constater les bienfaits de la méditation. Et ce n’est pas le professeur Steven Laureys, célèbre neurologue belge, ni le neuroscientifique français A Lutz qui diront le contraire. Lisez les articles de vulgarisation et vous serez conquis par cette technique qui coûte 0€, et qui en plus, dans de nombreux cas, remplaceront vos anxiolytiques et leur cortège d’effets secondaires .

La seconde étape est de s’interroger sur l’importance de ce qui est envié. Après cela, qu’est-ce que j’aurai en plus ? Est-ce que cela va satisfaire les besoins essentiels comme le besoin d’amour, de reconnaissance, de respect, de réalisation de soi, etc.? Développer le sens du discernement est une qualité nécessaire. Enfin, un changement de comportement s’impose. Cela revient à dire : ” Comment puis-je satisfaire ce besoin d’une manière plus authentique qu’en utilisant cette solution qui ne m’apporte qu’un apaisement temporaire“.

Jean, divorcé, accumule les cours du soir de langues étrangères. En classe, il est jovial et participatif. Grâce à ces cours, il a accès à d’autres cultures, a déjà visité Londres, Vienne et Paris. Un beau jour, il fait le bilan et s’aperçoit avec son coach qu’il n’est pas tout à fait heureux. Pourquoi ? Parce que lorsqu’il rentre chez lui, il se sent seul comme un chien, dit-il. Ces voyages ne sont que des bénéfices secondaires. De quoi va-t-il besoin ? D’amour ?

Impermanence et vacuité : brève parenthèse bouddhiste

Il n’existe pas une seule chose, un seul phénomène, ni un seul être vivant, végétal ou animal qui soit intrinsèquement indépendant, ou autonome. Vous avez besoin d’oxygène et d’eau. La plante a besoin de nutriments, l’arc-en-ciel ne se crée pas sans un filet d’eau, etc. Dans la philosophie bouddhiste, on parle de vacuité. Non pas parce que les êtres et les choses sont vides, mais parce qu’ils sont interdépendants : ils dépendent de conditions et d’autres phénomènes. Faites un zoom sur un objet envié comme une montre Breitling (superbe mécanique, n’est-ce pas ?) Que voit-on ?
Des atomes de métaux, quelques pièces en plastique, du verre, etc. Les atomes, formés de particules élémentaires comme les protons et les électrons, positifs et négatifs, sont régis par des champs de force magnétiques, le plastique est issu du pétrole et le verre provient de la silice !

Première question. Pourquoi convoiter certaines choses alors qu’elles n’ont aucune existence propre ?

L’impermanence, quant à elle, est plus accessible à la compréhension. L’impermanence, quant à elle, est plus accessible à la compréhension. Tout est transitoire. Je rajouterais ceci : surtout la vie. Nous naissons, vieillissons (transformations physiologiques, biologiques…) et mourrons. Toutes les choses, tous les êtres subissent des transformations : rien ne conserve son état indéfiniment ; même pas les pierres ! Rien n’est permanent ;

Deuxième question : pourquoi nous nous attachons aux apparences des choses comme si elles possédaient des caractéristiques propres et immuables ?

Alors me direz-vous, on ne peut pas s’attacher à son partenaire ? Il faut se rendre que compte que notre entourage nous aime et cela nous rend heureux. Et inversement. Mais il faut intégrer que tout peut changer d’un instant à l’autre puisque ne faisons qu’un passage sur terre. La conséquence est une bonne nouvelle: un recadrage de sens:

N’est-ce pas une magnifique raison pour apprécier le moment présent avec les êtres qui comptent et se détacher du superflu ?

Plongez sous l’iceberg de vos envies et remontez avec votre besoin!

Ces derniers temps, vous avez beau assouvir tous ces « besoins », mais la satisfaction est temporaire et superficielle. Vous dépensez beaucoup d’argent ? Vous convoitez le bien d’autrui ou sa carrière ? Vous multipliez le activités, voyages et autre city-trips sans réellement trouvez une forme de satiété interne ?

Alors, vous pouvez essayer de suivre ce protocole. Il est assez « confrontant », cependant il vous offre une opportunité d’adopter un comportement plus écologique afin de combler un réel besoin. Ce cheminement ne se pratique pas entre le fromage et le dessert, ni en extase devant la vitrine de Zara. Il y a un petit rituel de concentration. Et dans concentration, il y a centration sur soi.

Je vous invite à vous donner un rendez-vous…Avec vous-même. Choisissez un endroit calme et silencieux. Bra chez-vous à « l’ici et le maintenant », avec vous et vous seul. Respirez profondément pendant 5 cycles. Restez centré sur vous-même et tentez de répondre à ces 10 questions

  1. De quoi ai-je envie à cet instant ?
  2. Quelle émotion suis-je en train de vivre ? (Je la nomme). A quoi est-ce que je pense ? Est-ce que j’éprouve de la jalousie de ne pas être comme…Ou de ne pas avoir cet objet comme untel.
  3. Qu’est-ce que j’aurai en plus après avoir cédé à cela ? qu’est-ce qui est important ?
    Que se passe-t-il si je ne cède pas ?
  4. Je prends un moment pour plonger sous l’iceberg : est-ce qu’il n’y a pas là-derrière un besoin fondamental :
  • Est-ce un besoin de reconnaissance par les autres ?
  • Est-ce un besoin d’identité (spiritualité, connexion…)?
  • Est-ce un besoin de sécurité ?
  • Est-ce un besoin d’amour ?
  • Un besoin de plaisir, de liberté, …?

Combler cette envie va-t-elle permettre d’assouvir ce besoin profond ?

5. Est-ce le bon moyen d’assouvir ce réel besoin ?

6.  Quels sont les autres choix qui apparaissent? (Je creuse dans mes ressources, ou alors je me demande comment ferait une personne que j’apprécie). Je prends le temps de la réflexion. Je vérifie si ce choix ne présente pas d’inconvénients ; ni pour moi, ni pour les autres

7. Quels sont les ressources nécessaires dont je dispose pour y parvenir.

8. Est-ce que je suis prêt à quitter les avantages de cette envie pour les remplacer par les avantages de cette nouvelle solution ? Non ? Alors je recherche une autre solution (6)

9. Je me visualise en train de combler ce besoin en utilisant une solution saine ; Je m’y vois. Qu’est-ce que je ressens ?

10.  Que vais-je faire en premier lieu pour initier ce changement? Quand ? Oû, Avec qui ?

Lorsque vous avez élucidé cette envie, félicitez-vous. Ne vous mettez pas  trop de pression et donnez-vous du temps.

Conscientiser un comportement est déjà une étape vers le changement.

Derrière mes envies se cachent des besoins non satisfaits. Comment les identifier, vivre plus authentiquement ? Partie 2

envie et besoinPour combler nos besoins fondamentaux comme la sécurité ou l’amour, il arrive que notre inconscient manque de stratégie efficace et recoure à des envies qui ne font qu’apaiser la soif. La solution ne comble pas le besoin; elle ne procure que des bénéfices apaisants. Et c’est toujours la même qui est utilisée. En thérapie brève, on résume cela par une phrase: « Plus de la même chose donne le même résultat ! »

Retrouvez dans la première partie  comment peuvent apparaître ces envies. Vous y découvrirez les premières étapes d’un protocole de conscientisation…

Deuxième outil : Les CAPACITES.
Rechercher un autre comportement qui offre les mêmes avantages.

 Pour changer de roue il faut savoir changer une roue et avoir une autre roue!

Pourquoi l’homme ne peut-il pas combler directement ses besoins sans passer un intermédiaire parfois toxique ?
La question d’avoir les Capacités de parvenir à combler les besoins est primordiale. Mais auparavant, il est crucial de comprendre la notion d’intention positive. Derrière tous nos comportements, se cache la satisfaction de besoins essentiels ; c’est ce qui garantit notre équilibre. Comme on l’a vu ce sont les comportements qui sont parfois nocifs mais jamais la cause profonde. Par conséquent, la question cruciale suivante émerge:

Quelle est la fonction positive qui se cache derrière cette envie ?

 Est-ce un besoin de reconnaissance par les autres ? Est-ce un besoin d’identité (de spiritualité, de connexion, …) ? Est-ce un besoin de sécurité ? Est-ce un besoin d’amour ? Un besoin de plaisir, de liberté, d’autonomie ? Prenez le temps de la réflexion, et soyez authentique.

Ainsi, une personne n’ayant pas la capacité d’aller vers l’autre souffre d’un manque d’amitié, d’amour, d’estime (besoins). Elle le compense par des envies de vêtements chics, une voiture de luxe qui attirent l’attention et tente de combler un besoin profond par un besoin de surface : aimer le design des voitures de luxe et être passionné de grands couturiers. Mais ce n’est là qu’un sparadrap sur une infection plus sérieuse. Il faut d’abord prendre conscience de ce REEL besoin profond. Un autre exemple de dissimulation du besoin profond ?

Combien de gens terminent une formation axée sur le bien-être et embrayent sur une autre !

Parce que les objectifs de la formation correspondent à un besoin de surface, et que cette activité apporte des bénéfices secondaires. Un exemple réaliste serait la fréquentation d’un cours d’anglais dans le but (le besoin profond) inavoué de rencontrer un partenaire de vie. Dans ce cas apprendre une langue est l’arbre qui cache la forêt : le besoin de rencontrer quelqu’un. Un bénéfice secondaire serait un voyage à Londres. Cette personne va-t-elle combler ce besoin profond ?

Combien de langues va-t-elle devoir apprendre avant d’être consciente de son réel besoin ?

Le recadrage de comportements en 6 pas

La résolution du problème passe par des alternatives qui vont satisfaire réellement le besoin. Issu de la modélisation du travail de M. Erickson et V. Satir en train d’accompagner des personnes négociant avec leurs différentes parties d’elles-mêmes, le protocole des 6 pas a été repris par J. Grinder et R. Bandler, fondateurs de la PNL. On part du principe qu’une partie inconsciente de vous-même vous veut du bien, mais ne sait pas comment « bien faire ». Préalable : Apprenez le protocole par cœur ou enregistrez les questions suivantes sur votre smartphone en les espaçant de 2 minutes. Prenez le temps de vous installer dans un endroit isolé et tranquille. Fermez les yeux et effectuez 5 cycles profonds de respiration en vous focalisant sur l’air qui rentre et qui sort de votre bouche. Restez connecté. Ne vous mettez pas sous pression. Dites-vous ceci: “Je suis curieux et motivé de savoir à quel point cette expérience va me permettre de découvrir d’autres comportements qui pourront certainement combler d’une autre manière ce besoin profond. Ce changement, se sais que c’est une porte qui peut s’ouvrir de mon intérieur”.

Etape 1 : Identifier l’envie à remplacer

Quelle est cette envie qui n’étanche pas ma soif ? Je ressens quoi ? Cela ressemble à quoi dans mon corps ? Je la situe où ?
Je voudrais prendre contact avec cette partie de moi qui génère ces envies et pouvoir évoluer vers d’autres solutions plus harmonieuses

Etape  2 : je prends contact avec cette partie.

Je voudrais simplement rentrer en communication avec toi. Je voudrais un signe extérieur comme un mouvement de doigt ou une réponse de ma petite voix. Remerciez la partie même si vous ne percevez rien !

Parfois, un léger mouvement de doigt va survenir ou peut-être allez-vous entendre votre dialogue interne. Ne vous inquiétez pas si vous n’entendez rien. Restez focalisé car le processus se produit à un niveau profond et partiellement inconscient.

Etape 3 : séparez l’intention positive du comportement.

Demande à cette partie qui produit le comportement elle accepte de te faire savoir à un niveau conscient ce qu’elle veut de bien pour vous en déclenchant ce comportement. Remerciez-la A nouveau, votre petite voix peut vous parler. Si ce n’est pas le cas, supposez que vous n’avez pas besoin de connaitre la réponse consciemment.

Etape 4 : laissez votre partie créatrice trouver des alternatives plus saines qui remplissent la fonction positive.

Pensez à une étape de votre vie où vous avez trouvé une solution bienveillante pour vous ou quelqu’un. Vivez ce moment. Vous faites appel à votre partie créatrice pour imaginer plusieurs nouvelles solutions, et à votre partie responsable du comportement pour en sélectionner 3. C’est comme si la partie responsable du comportement se faisait livrer par BPost un cadeau avec trois nouveaux outils à tester, ou à renvoyer

Etape 5 : négociez avec la partie responsable des changements de comportement.

Demandez-lui « es-tu prête à expérimenter les 3 comportements nouveaux ? Tu pourras sélectionner celui que tu préféres» Si la réponse est non, recommencez l’étape précédente, sinon, passez l’étape qui peut être la dernière.

Etape 6 : vérifiez si toutes les parties de vous-même sont d’accord.

Demandez à toutes les autres parties du corps si elles sont d’accord avec les nouveaux comportements proposés. Cela vous évite de choisir un comportement que vous devrez recadrer plus tard. C’est comme une cérémonie de mariage : « Une partie de moi s’oppose-elle à une des 3 solutions ? Qu’elle le dise maintenant ». Si la réponse est oui, recommencez en 4. Sinon, remerciez toutes les parties !

Compliqué ? Un peu long ? Bizarre ? Peut-être, mais ce protocole est très utilisé par les thérapeutes et les coachs. L’hypnose n’est pas toujours utilisée pour le mettre en œuvre. Par ailleurs, il ne faut pas être pressé car le changement peut prendre quelques temps à s’élancer. Faites-vous confiance et soyez indulgents envers vous-même. Vous pouvez recommencer ce protocole si vous ne percevez aucun changement dans vos comportements. Si vous ne vous sentez pas d’attaque de le pratiquer seul, Contactez Mare-Pierre Preud’homme. La problématique est peut-être plus sournoise et il est nécessaire d’investiguer plus profondément votre situation.

La prochaine fois, nous découvrirons enfin le protocole du plongeur en 10 paliers, un autre outil de recadrage que je souhaite partager pour la première fois. Nous terminerons cette odyssée à travers nos besoins par un détour philosophique …

 

Claudio Fusini Claudio FUSINI, formateur à l’Ecole Royale des Sous-Officiers

Derrière mes envies se cachent des besoins non satisfaits. Comment les identifier et vivre plus authentiquement? 1ère partie

envies et besoins

Se faire plaisir en achetant une paire de chaussures New Balance, ne pas résister à ce smartphone aux lignes épurées et aux mille fonctions, céder à l’appel de cette berline allemande robuste et sportive, … Nous avons tous cédé a des envies plus ou moins onéreuses. Mais alors, est-ce interdit de se faire plaisir ? Non. Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder, disait Oscar Wilde. Cependant, notre inconscient dissimule parfois derrière ces envies, des revendications bien plus fondamentales.

Je vais vous guider à travers une odyssée au cœur de vos besoins. Au menu de cette trilogie : conscientiser, comprendre et élucider. Et les solutions ? On verra comment les grands mentors de la thérapie brève et de la PNL comme Virginia SATIR et Robert DILTS ont mis au point des protocoles « confrontants ». Et pourquoi pas vous proposer un détour par le recul et la sagesse de la philosophie bouddhiste ? On ne va pas s’en priver. Vous découvrirez aussi un protocole de changement : le protocole du plongeur en 10 paliers. Même si vous ne savez pas nager ! Inutile de chercher ce protocole sur Google.

Des situations simples et parfois plus confuses !

Si derrière l’envie de déguster ces boules de Berlin se cache tout simplement l’épicurisme et la recherche de sensations gustatives exquises, élucider un besoin n’est pas toujours si simple. Cas de coaching :

après s’être mariée, Marie, une femme active de 24 ans, très mince et sportive décide un beau jour d’une manière inattendue de prendre du poids « pour profiter de la vie » et parce que « les formes reviennent à la mode », dit-elle. Ses copines s’étonnent un peu de ce comportement curieux. D’où vient cette envie saugrenue ? Une hypothèse serait d’explorer l’origine de cette envie. Dans le cas de Marie, elle n’a pas conscientisé qu’un besoin plus profond et inconscient de plaire à son mari stagne au plus profond d’elle. Elle l’a vu plusieurs fois se rapprocher d’une collègue de travail bien en chair. Dans ce scénario, savoir distinguer le besoin profond de l’envie est nécessaire avant tout processus de changement. Mais explorer la partie immergée de l’iceberg de nos envies, est-ce possible ? Comment ?

Quelques définitions

Vous allez comprendre. Le célèbre constructeur de voiture de luxe Aston Martin a acquis ses lettres de noblesse grâce à a la série de films James Bond. S’il est vrai qu’un client peut invoquer des critères comme le luxe, la sportivité et le design, derrière l’envie (impayable pour moi !) se cache peut-être le besoin de reconnaissance…

Pour éviter la frustration, on cède. Cet objet de luxe génère un sentiment d’appartenance à une caste, mais ne comble pas un besoin profond d’appartenir à un groupe et de s’y sentir reconnu. C’est un sparadrap sur une plaie profonde.

C’est quoi un besoin ? Les besoins sont des exigences de l’être humain pour son équilibre. Manger et boire sont des besoins. L’estime et la reconnaissance sont deux autres exemples. Les besoins sont généralement des valeurs universelles. Chez tous les êtres humains, on rencontre aussi bien le besoin d’être aimé que de manger !

William GLASSER, psychanalyste,   met en avant les 5 besoins fondamentaux de l’être humain dans sa
Théorie du Choix (1986). Il avance que chaque être est conscient que la liberté de faire des choix est nécessaire pour devenir un être responsable. A chaque instant, un individu adopte un comportement adéquat motivé par cinq besoins :

  • Survie 
  • Amour 
  • Liberté (comprenez choisir ses activités)
  • Appartenance 
  • Plaisir et Pouvoir (comprenez agir sur son futur)

Il y a des kilomètres de littérature qui explorent la cause de ce qui met l’humain en mouvement : les besoins. Si vous désirez renforcer vos connaissances, un point de départ abordable est la Pyramide de MASLOW (1943).

C’est quoi une envie ? Les envies sont le plus souvent des moyens de combler imparfaitement les besoins. Nous voyons souvent ces envies comme des sources de motivation alors que ce sont les besoins qui sont les véritables générateurs de motivation. Par ailleurs, l’envie peut être associée à la convoitise. De là émergent des émotions négatives. Voici un exemple : l’envie d’un avancement justifiée par plus de responsabilités, peut cacher un besoin de reconnaissance ou d’accomplissement de soi. La problématique est que si ce besoin n’est pas comblé, c’est la frustration qui prend le relais. Et ce sentiment peut être chronique. L’envie est une baignoire ayant une fuite : on sait s’y laver, mais pas longtemps. Il faut à nouveau la remplir. L’envie est donc compensatoire, donc imparfaite. Reprenons l’exemple précédent :
La demande de promotion (l’envie de plus de responsabilités) est peut-être est reliée à un besoin réel d’estime. Tôt ou tard, le besoin réel frappe à la porte et cette stratégie est souvent inconsciente. Pourquoi ? Parce que notre inconscient n’a pas d’autres solutions dans sa trousse à habitudes saines. Une autre envie surgit…

Il arrive que la satisfaction d’une envie ne comble pas le besoin réel. Il est nécessaire de trouver des solutions, des choix qui permettent de satisfaire réellement les vrais besoins. Mais avant cela, il faut s’en rendre compte !

Les addictions, donc la dépendance immodérée (par exemple à l’alcool) entraînant des conduites compulsives sortent de mon propos. Certains protocoles abordés peuvent cependant aider à conscientiser la problématique.

Premier outil : CONSCIENTISER en plongeant sous l’iceberg de nos envies

La prise de conscience est une étape incontournable pour initier le changement. Elle peut avoir lieu individuellement ou être soutenue par un coach ou un thérapeute:

  • Accidentellement, la vie et son chapelet d’expériences provoquent un déclic, un électrochoc qui induit une prise de conscience. Certaines personnes (peut-être vous, cher lecteur.trice) s’intéressent au fonctionnement de leur psychè. Elles ont une perception accrue de leur état émotionnel, elles sont capables de lever la tête du guidon de leur vie et disposent d’une autonomie suffisante pour entamer un processus de changement.
  • Parfois, nous avons besoin de l’intervention d’un coach ou d’un thérapeute. Son rôle est de plonger sous l’iceberg avec le client/patient afin de mettre à la lumière la partie immergée. Le thérapeute utilise des techniques comme l’hypnose ou la PNL pour permettre à la personne de conscientiser des besoins refoulés…

Plonger sous nos envies demande parfois l’énergie et le courage de faire face à nos « envies de surface ». Et pour vous aider, développer les capacités suivantes est inévitable afin de mettre à jour l’intention positive de l’envie:

  1. Identifier les comportements récurrents, qui procurent un apaisement temporaire :« Je vois que vais souvent dans cette boutique » ; « J’ai envie de suivre aussi cette formation, après celle-ci » « il faut que je parte au moins deux fois par an en vacance » ; «J’ai les moyens de changer de voiture souvent parce que j’aime la mécanique » ; « Pas moyen de trouver un régime qui fonctionne. Je finirai bien par trouver… » ; « Pierre et Elise ont eu leur promotion, et moi j’attends depuis deux ans… »,…

Quel est l’enchaînement neurologique qui génère l’envie ? (exemple : je vois cette publicité pour BMW, et je me vois la conduire, je vois mes collègues me regarder, je me dis que c’est la voiture qui
          correspond à mon caractère sportif et dynamique je me sens fier et heureux…). Apprenez à retenir vos stratégies internes; celles qui génèrent l’envie. Vous aller apprendre à mieux vous connaître !

  1. Je me pose ces questions :
  • De quoi ai-je envie à cet instant ? Est-ce que j’ai déjà vécu cela ?
  • Quelle émotion suis-je en train de vivre ? (je la nomme). A quoi est-ce que je pense ? Est-ce que j’éprouve de la jalousie de ne pas être comme… Ou de ne pas avoir cet objet comme…?
  • Qu’est-ce que j’aurai en plus après avoir cédé à cela ? Qu’est-ce qui est important ?
    Que se passe-t-il si je ne cède pas ? Quel est le désavantage de ne pas céder à l’envie ?
  • Je prends un moment pour plonger sous l’iceberg : est-ce qu’il n’y a pas là-derrière un besoin fondamental : Est-ce un besoin de reconnaissance par les autres ? Est-ce un besoin d’identité (de spiritualité, de connexion,..) ? Est-ce un besoin de sécurité ? Est-ce un besoin d’amour ? Un besoin de plaisir, de liberté, d’autonomie ?

         Combler cette envie va-t-elle permettre d’assouvir ce besoin profond ? Soyez authentique avec vous-même. Et remerciez-vous. C’est important de vous respecter !

Après la prise de conscience, vous aller découvrir pourquoi Il arrive que notre inconscient n’ait pas de stratégie adhoc, pas de choix écologique. La solution comportementale ne comble pas le besoin, elle ne procure que des bénéfices apaisants… Nous sommes parfois des êtres  « mono-solution ».  A bientôt pour découvrir comment cheminer vers l’attitude « multi-solutions ».

Suite :  Derrière mes envies se cachent des besoins non satisfaits. Comment les identifier, vivre plus authentiquement ? Partie 2

Claudio Fusini Claudio FUSINI, formateur à l’Ecole Royale des Sous-Officiers

Formation des adultes et andragogie

Lors des formations d’hypnose, de coaching,  … chez Formathera, une attention particulière est portée sur les méthodes d’apprentissage. Les principes fondamentaux de l’andragogie, pédagogie pour adultes y sont mis à l’honneur. Ils permettent aux apprenants d’intégrer la matière de façon durable car il y a compréhension, lien avec la pratique et mise en situation réelle. 

Claudio FUSINI, instructeur et formateur au sein de l’Ecole Royale de Sous-Officiers, nous explique les principes de l’andragogie.

 

Andragogie, pédagogie pour adulte

Mathieu, 35 ans, mécanicien,  a été  licencié d’une PME namuroise en 2017 pour des raisons économiques. Avec deux enfants et un prêt hypothécaire, il a frôlé le burnout. Récemment, le FOREM lui a proposé une reconversion en soudure. Après 4 semaines de formation, il déclare  « si on m’avait donné cours comme cela, j’aurais été motivé pour terminer mes études techniques. Ici les profs nous font confiance et on n’est pas noyé par de la théorie indigeste et on est très souvent à l’atelier…». Pourquoi Mathieu  est-il si motivé ? Certes, il  suit une formation qui débouche très certainement vers un emploi car c’est un métier en pénurie mais son entrain en classe met en évidence la capacité de ses formateurs à enseigner en tenant compte des spécificités de l’adulte. Bref voyage dans les terres de l’andragogie.

L’enseignant qui considère un public d’adultes comme étant une classe d’enfants ou de jeunes ados va très vite s’en rendre compte. Démotivation, plaintes et désintérêt de la part des stagiaires alimenteront le quotidien du prof qui par ailleurs sera également victime d’un dégoût  pour son métier, ce qui ne fera qu’envenimer l’ambiance en classe. La spirale vers des conflits est garantie!

4 raisons pour lesquelles l’adulte n’apprend pas comme l’enfant

  • Selon S. COURAU, d’abord le statut d’autorité que possède l’instituteur devant ses chérubins n’est pas reconnu devant des hommes et de femmes qui ont un vécu, une expérience de la vie. L’omniscience du maître prévaut probablement devant des gosses mais moins devant des adultes. Ceux-ci recherchent chez le formateur, un guide ouvert, disponible et respectueux.
  • Ensuite, la formation doit avoir un but très concret qui colle le mieux possible aux objectifs de l’adulte; ce qui induit ou alimente la motivation et l’envie de réussir. Untel qui désire devenir soudeur et en faire son métier, veut pratiquer le plus possible et pas écouter pendant huit heures l’histoire de la soudure depuis la révolution industrielle.
  • Tertio, l’adulte refuse tant la sanction scolaire que la récompense enfantine ; il veut être traité en adulte. Il est ridicule d’infliger une punition ou d’octroyer  le titre d’élève du mois à des personnes qui ont atteint une maturité  et qui sont majeures.
  • Enfin, l’adulte désire que l’on tienne compte de son expérience humaine et professionnelle; c’est d’ailleurs l’expression du besoin de  reconnaissance et d’estime mis en exergue par la pyramide des besoins de MASLOW.

Sur ces quatre principes fondamentaux posés en guise de fondation d’un noble édifice, on peut ériger au moins sept règles pédagogiques que l’enseignant devrait respecter pour maximaliser l’apprentissage de l’adulte. Ici, on ne devrait plus parler de pédagogie  (du grec paid : enfant et agogos : le guide), mais d’andragogie (du grec andros : adulte). En préliminaire, je  paraphraserais Roger MUCCHIELLI qui insiste sur le fait que le stagiaire a ou avait une activité professionnelle et a davantage besoin de comportements pratiques que de théories lourdes. Par conséquent, toute théorie doit être en prise directe avec des activités d’application. Le principe pédagogique de concrétisation (donc lié à nos cinq sens) est une condition sine qua none de performance de l’apprentissage.

Passons maintenant en revue sept  règles importantes à mettre en œuvre lors d’une formation d’adultes. Cette revue est loin d’être exhaustive mais elle a le mérite d’être concrète!

 7 règles de l’andragogie, pédagogie pour adulte!

  1. Un adulte apprend s’il comprend. La matière à apprendre doit être structurée selon une logique facile à assimiler. Ici le formateur veillera à structurer la matière d’une manière progressive et intégrante. Par intégrante on entend la construction du savoir comme un puzzle. Tout nouveau savoir doit être « accroché » à un savoir déjà assimilé. A titre d’exemple, la fonction exposant est apprise bien après la fonction multiplication car l’exposant fait appel à la multiplication. Par ailleurs, si le support de cours (électronique, syllabus, etc.) est structuré d’une manière intuitive, logique et structurée, cela permet à l’élève de mieux apprendre.
  2. Un adulte apprend si la formation est en relation directe avec son quotidien. Les cas et les problèmes traités pendant la formation doivent être en lien direct avec les problèmes réels vécus par les apprenants. Cela rend la formation motivante et dynamique. Les échanges d’expériences entre les apprenants permettent au formateur de construire le savoir avec les vécus.
  3. Un adulte apprend s’il perçoit, comprend et accepte les objectifs de la formation. Les objectifs doivent être clairement annoncés depuis le début de la formation et
    être cohérents avec les attentes des apprenants. Si la formation est sanctionnée par un test, ou un examen, il faut avertir les apprenants dès l’entame du cours afin qu’ils puissent organiser leur stratégie de réussite. Le type d’examen (questions ouvertes, quizz, examen oral, etc.) devrait être spécifié. Cette pratique témoigne d’un respect de l’enseignant vis-à-vis de ses élèves. La règle  de la triple concordance en pédagogie met en avant que les objectifs pédagogiques, les méthodes d’enseignement ainsi que l’évaluation doivent être liées. On imagine mal qu’une formation de soudeurs durant laquelle les deux tiers du temps ont été consacrées à de la pratique, soit sanctionnée uniquement par un test théorique !
  1. Un adulte apprend s’il agit et s’il s’engage. Cette règle est universelle et résonne comme une maxime d’une pédagogie moderne. Pus on est acteur de son savoir, mieux on assimilera. William GLASSER souligne que nous ne retenons que :
  • 10% de ce que nous lisons ;
  • 20% de ce que nous entendons ;
  • 30% de ce que nous voyons ;
  • 50% de ce que nous voyons et entendons en même temps ;
  • 80% de ce que nous disons ;
  • 90% de ce que nous disons en faisant quelque chose à propos de quoi nous réfléchissons et qui nous implique.

       5. Un adulte apprend si le formateur sait utiliser les effets de la réussite et de l’échec. Le formateur doit préciser les résultats attendus des exercices et après, il doit pouvoir  valoriser les succès et faire               comprendre les échecs. L’évaluation formative ou évolutive est importante et elle témoigne d’une démarche humaniste de l’enseignement. Chaque élève devrait recevoir un feedback mettant en évidence ses               points forts et ses lacunes. Ce n’est pas tout. Des techniques de coaching utilisant l’analyse réflexive permettent à l’apprenant de dégager lui-même des pistes d’amélioration afin d’atteindre les objectifs sur base         de ce qu’il a vécu. Lorsqu’un élève a des problèmes, il est important qu’il quitte la classe avec un plan d’action et pas avec des blessures.

  1. Un adulte apprend s’il se sent intégré au groupe. En privilégiant les relations dans le groupe, l’élève se sent bien et est rassuré. Le formateur met en place des activités qui permettent un maximum d’échanges. Les stratégies d’enseignements mettent en œuvre des activités de groupes dans lesquelles il est demandé de résoudre un problème. Par conséquent la dynamique du groupe est un enjeu important
  1. Un adulte apprend s’il est dans un climat de participation. Il doit pouvoir travailler dans un climat de confiance, avoir des interactions avec les  autres  participants, mais aussi les formateurs qui doivent être disponibles, ouverts et respectueux. Par ailleurs le formateur doit utiliser au maximum l’expérience des participants; cela permet de rencontrer leur besoin d’estime mai aussi de construire la matière ensemble.

Dans une conception humaniste de l’enseignement mais aussi dans l’acceptation d’une certaine justice sociale de l’enseignement qui autorise tout apprenant à réussir, chaque individu devrait être considéré comme un être unique, possédant ses canaux d’apprentissages particuliers. Ainsi l’un est plutôt analytique et visuel alors que son voisin est auditif et synthétique, etc. Considérant ce principe d’individualité, certains formateurs recourent, lorsque c’est possible à la différenciation. Il s’agit de mettre en pratique d’autres moyens d’expliquer un savoir qu’un adulte peine à assimiler. Par exemple, on demandera à un élève-ressource de réexpliquer avec un schéma ce qui vient d’être appris par un autre media, à un élève qui serait en difficulté. C’est un sujet très vaste et parfois complexe  qui mérite que l’on s’y attèle si l’humanisme est une valeur qui résonne chez le formateur…Si vous désirez en savoir plus, consultez les articles de P. MEIRIEU dont voici une citation qui en dit long sur sa conception de l’éducation :

« Différencier, c’est avoir le souci de la personne sans renoncer à celui de la collectivité». (P. MEIRIEU)

Finalement, après avoir vu ces quelques règles, il  important d’insister sur :

4 facteurs de succès d’une aventure en pays de l’andragogie, pédagogie pour adulte

Le formateur devrait constamment favoriser la cohésion du groupe car c’est un terreau de l’apprentissage. Je parle ici de dynamique des  groupes car le formateur est un catalyseur de la formation du groupe. C’est par son attitude, ses interactions, sa gestion de classe et sa stratégie didactique qu’il va dynamiser ou au contraire, le diviser !
En second lieu je citerais la surveillance des variations de la motivation de l’individu. L’adulte est ainsi fait que sa motivation peut varier de 10 à 1 suite à une notification Facebook ! L’impact sur le groupe peut être plus ou moins important. Un petit truc qui permet de jauger l’état des stagiaires est l’exercice de la « météo du matin ». Il s’agit tout simplement de faire un tour de table et de demander l’état des stagiaires ; leur météo personnelle, ce qu’il craigne ce qu’il ressente, etc.
Troisièmement le formateur doit s’adapter à toute contrainte qui impacte la formation. On peut citer les contraintes de temps, de matériel didactique, de classe, etc. Personnellement, j’ai vécu des situations dans lesquelles je n’avais pas le temps de terminer des activités d’une manière interactive parce qu’une activité avait été très chronophage. Par conséquent et puisque les objectifs sont imposés par le commanditaire, les savoirs ont été vus d’une manière plus frontale (ou ex cathedra). Il ne faut pas en conclure hâtivement que l’enseignement de type magistral est à condamner mais cela est une autre histoire.
En dernière position, une analyse des objectifs ainsi qu’une préparation des activités didactiques est inévitable à moins d’être capable de générer d’une manière spontanée une stratégie didactique qui rencontre les règles vue précédemment.

Si je devais citer deux ou trois mots qui hantent cette modeste présentation, je pencherais pour deux phrases. La qualité des interactions entre stagiaires et entre ceux-ci et les formateurs. Ensuite j’opterais pour la qualité d’une stratégie didactique qui permette un apprentissage concret, participatif et certainement motivant. Si ce petit séjour dans les terres de l’andragogie vous a donné envie de plus d’information, n’hésitez à consulter des auteurs tels que Philippe MEIRIEU, Sophie COURAU ou encore Roger MUCCHIELLI. Et terminons par ces belles paroles :

Enseigner n’est pas remplir une cruche mais plutôt « allumer un feu » (P. MEIRIEU)